Protocole d’accord sur le Pass Navigo : la triple peine pour la Seine-Saint-Denis et les quartiers populaires

Hier, le Premier ministre annonçait la conclusion d’un protocole d’accord avec la Région sur le financement du Pass Navigo. Je m’étonne que pour conclure cet « accord », ni le Premier Ministre, ni la Présidente de Région n’aient pris la peine de consulter les Départements qui sont pourtant membres à part entière (et financeurs !) du STIF. C’est par les réseaux sociaux que j’ai pris connaissance du détail de cet accord. Sans doute craignaient-ils, à juste titre, que nous dénoncions un accord qui se fait dans notre dos et à nos dépends.navigo1

Cet accord est en l’état inacceptable car il représente une triple peine pour la Seine-Saint-Denis.

C’est une peine d’abord pour les habitants qui utilisent chaque jour les transports en commun et pour qui le Pass Navigo unique a représenté une véritable mesure de pouvoir d’achat. La hausse de 3 euros par mois dès 2016 du Pass Navigo pour les usagers va impacter directement les foyers les plus modestes, qui peuvent craindre d’autres augmentations à l’avenir. C’est un reniement majeur d’une promesse de campagne de Madame Valérie Pécresse qui s’était engagée à ne pas l’augmenter.

C’est une peine ensuite pour les entreprises des quartiers populaires. Derrière l’augmentation prévue du versement transport, se cache en effet une grave régression fiscale pour la Seine-Saint-Denis. Actuellement, Paris et les Hauts-de-Seine (Zone 1 du Versement Transport) ont un taux de 2,6%, quand le Val-de-Marne et la Seine-Saint-Denis (Zone 2 du VT) ont un taux de 1,7%. Cette différence de taux est un levier pour favoriser le rééquilibrage entre l’ouest et l’est de la région et pour favoriser le développement économique de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne. En alignant par le haut la fiscalité des entreprises de la Seine-Saint-Denis, l’accord trouvé entre le gouvernement et la Région tourne le dos à cet objectif de rééquilibrage et prend le risque de freiner le développement économique dans les quartiers populaires. Chacun mesurera désormais les écarts entre les paroles et les actes et constatera que le combat contre les inégalités territoriales n’est apparemment plus une priorité.

C’est une peine enfin pour le Conseil départemental de Seine-Saint-Denis. En dépit de l’absence de transfert de compétences des départements vers la Région, une partie de la CVAE serait transférée à la collectivité régionale. Alors que le Département de la Seine-Saint-Denis compte le plus grand nombre d’allocataires du RSA en France métropolitaine, et qu’il doit faire face à la baisse de ses dotations, il est privé encore une fois d’une des rares ressources dynamiques pourtant nécessaires à sa mission de solidarité territoriale. Je demande donc au Premier ministre de trouver des solutions, aussi facilement qu’il vient de le faire en faveur de la Région, pour prendre enfin à la charge de l’État les dépenses de solidarité qui n’ont été que trop longtemps supportées à sa place par les habitants de la Seine-Saint-Denis, et de procéder avec la même autorité qui le caractérise au financement national et intégral du RSA.

Je demande au gouvernement et à la Région de revoir leur copie. J’attends également que des réponses précises et positives soient enfin données par la Région sur des projets d’investissements majeurs et cruciaux pour la Seine-Saint-Denis, par exemple le prolongement du T1 à l’est, afin de ne pas donner l’impression que les quartiers populaires sont depuis quelques mois les grands oubliés de la nouvelle majorité régionale.

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Les jeux olympiques et paralympiques, accélérateurs du rapprochement entre Paris et la Seine-Saint-Denis

Dans le cadre de la candidature de Paris aux Jeux Olympiques et Paralympiques 2024, les collectivités de Paris et de Seine-Saint-Denis ont décidé de prendre des engagements concrets dans des domaines aussi variés que le sport, l’aménagement urbain, la mobilité, la culture, l’éducation, l’emploi et l’insertion, en signant une convention de coopération.13532882_1234427019932969_6811943674740238779_n

Cette convention, destinée à saisir les opportunités offertes par la candidature aux Jeux 2024, s’articule autour de quatre principaux objectifs partagés :

  • Dynamiser le lien urbain entre les différents territoires
  • Stimuler l’innovation technologique, sociale et environnementale
  • Intensifier la pratique sportive pour tous
  • Mobiliser le monde culturel et la Génération 2024

La candidature constitue déjà un formidable levier de développement pour Paris et la Seine-Saint-Denis, ses territoires à travers des politiques publiques partagées, déclinés en 16 actions, parmi lesquelles figurent l’aménagement de lieux sportifs innovants, l’aménagement des berges de Seine, du Canal Saint-Denis et du Canal de l’Ourcq, la requalification de l’ex RN2 en Boulevard urbain ou encore l’institution d’une assemblée visant à rapprocher la jeunesse de Paris et de Seine-Saint-Denis.

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La convention signée le 23 juin 2016 par Anne Hidalgo, Stéphane Troussel, Patrick Braouezec, Bruno Beschizza, Gérard Cosme et Michel Teulet à l’occasion de la journée Olympique, en présence de Tony Estanguet, co-président du GIP Paris 2024, de Denis Masseglia, Président du CNOSF, d’une vingtaine de grands sportifs français olympiens et de nombreux élus locaux parisiens et Séquano-dionysiens permettra à la Ville de Paris, au Département de la Seine-Saint-Denis, aux Etablissements publics territoriaux de Plaine Commune, Paris Terres d’Envol, Est Ensemble et Grand Paris Grand Est de s’engager ainsi à participer pleinement aux transformations et au développement de leurs territoires. Les Jeux sont une opportunité et la mobilisation commune une condition indispensable pour transformer l’essai.

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Echec de la recentralisation du financement du Revenu de Solidarité Active : la droite continue de fragiliser notre modèle social.

Une occasion manquée ! Le gouvernement de Jean-Marc Ayrault avait été le premier à prendre ses responsabilités et à reconnaître le grave problème que représente le financement du RSA par les Départements. Alors que le Premier ministre avait enfin acté le principe d’une recentralisation du financement de cette prestation réaffirmant au passage son caractère universel, la droite vient de porter un nouveau coup à la solidarité nationale.

Aujourd’hui, dans la phase ultime des négociations avec le gouvernement quant à la recentralisation du financement du RSA, la droite a refusé tout accord, privilégiant une fois de plus des intérêts partisans et électoraux à ceux de nos concitoyens les plus fragiles.

Alors qu’entre 2004 et 2012, la droite au gouvernement a nié le problème du financement du RSA qu’ont engendré les lois scélérates du gouvernement Raffarin, elle s’est évertuée à torpiller les négociations initiées depuis de nombreux mois, incapable de surmonter ses propres divisions.

Certains présidents de Département ont plaidé pour la fin d’une allocation universelle et égale du RSA sur tout le territoire, surfant sans vergogne sur un populisme dangereux qui entonne régulièrement la petite musique de « l’assistanat », des « fainéants » ou des « profiteurs » pour justifier un abandon inacceptable des plus fragiles.

Cette situation entérine la volonté de maintenir en réalité les inégalités entre les citoyens et les territoires, fragilisant un peu plus la capacité d’action et d’investissement des Départements et de fait celle de milliers d’acteurs économiques, sociaux ou associatifs, qui font vivre l’ensemble de notre pays.

Ce blocage, dans un contexte économique et social qui n’a cessé de se dégrader depuis 2008 et alors que les indicateurs semblent laisser percevoir un début d’amélioration, enferme les collectivités locales et particulièrement le Conseil départemental de la Seine-Saint-Denis dans une situation financière de plus en plus inextricable.

Face à ce constat le gouvernement doit imposer et garantir l’égalité entre les citoyens dans l’ensemble des Départements. Je lui demande donc désormais de prendre les décisions suivantes:

mettre en place la re-nationalisation du RSA, dès l’année prochaine, sur un mécanisme qui corrige fortement les inégalités en matière de reste à charge. Le coût du RSA pour les habitants de Seine-Saint-Denis ne doit plus être supérieur au coût pour les habitants des Hauts de Seine.

mettre en place un fonds d’urgence dès 2016 qui couvre l’augmentation du RSA depuis 2015 pour les départements les plus fragilisés, comme la Seine-Saint-Denis.

réexaminer impérativement, comme il l’a fait pour les communes, la baisse des dotations de l’État aux Départements investisseurs.

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Levons l’omerta !

La lettre de la Maire de Paris que je vous invite à lire ci-dessous illustre les chroniques d’un sexisme ordinaire qui n’épargne pas les élus, comme le démontre le Maire de Plessis-Robinson, Philippe Pemezec. Je réitère mon soutien à Anne Hidalgo qui, à l’instar de nombreuses autres femmes, a fait face à des propos vulgaires à son encontre. Je refuse les comportements sexistes, qu’ils s’exercent sur les bancs d’une assemblée ou dans la rue ; ils ne peuvent en aucun cas trouver une justification. C’est pourquoi, face à ces propos ce samedi 4 juin, j’ai immédiatement réagi à cette insupportable scène de sexisme ordinaire.

Outre le premier choc provoqué par les paroles de Philippe Pemezec, c’est cette inquiétante absence de réaction autour de nous qui m’a frappé, mais aussi le fait que cet élu persiste et signe dans une réponse à Anne Hidalgo publiée sur Twitter.

Cependant, j’observe de nombreuses réactions outrées par le comportement de M. Pemezec sur ce même réseau social. Nombreuses émanent d’hommes, et c’est tant mieux, car la lutte contre le sexisme doit aussi concerner les hommes.

Elle doit également mobiliser les collectivités. Le Département de la Seine-Saint-Denis mène dans ce cadre plusieurs actions telles que les rencontres « Jeunes contre le sexisme » . La Seine-Saint-Denis a également été la première collectivité a créer dès 2002 son Observatoire des violences envers les femmes, à l’origine de plusieurs dispositifs en faveur des droits des femmes dont l’efficacité est désormais reconnue : le téléphone portable d’alerte (généralisé à l’ensemble de la France depuis la loi du 4 aout 2014.), l’ordonnance de protection, la mesure d’accompagnement protégé des enfants, des hébergements d’urgence, les bons de taxis, les consultations psycho-traumatologiques, le premier diplôme universitaire consacré aux violences faites aux femmes (en partenariat avec l’Université Paris VIII). Le Département est par ailleurs signataire de la la Charte européenne pour l’égalité des femmes et des hommes dans la vie locale et membre du Centre Hubertine Auclert qui a pour principaux objectifs la sensibilisation des publics à la nécessité de lutter contre les inégalités et les discriminations fondées sur le sexe, la promotion de l’égalité entre les femmes et les hommes et la production d’expertise dans ce domaine.

Nos avancées sont grandes, mais fragiles. Nous devons avoir à l’esprit que la lutte contre les violences envers les femmes constitue un combat permanent. C’est pourquoi la vigilance est de mise face au risque, toujours présent, d’un recul des progrès réalisés. Je refuse toute fatalité et toute régression ; la collectivité est en ce sens, pleinement mobilisée. Cependant la défense de nos acquis n’est pas l’apanage des élus. Les citoyens aussi ont un rôle à jouer, et j’en appelle à la mobilisation de chacun. Chaque regard détourné, chaque appel de détresse nié met à mal une égalité plus que nécessaire.

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Le coffre-fort de la Banque de France en Seine-Saint-Denis !

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Discours de pose de la première pierre du bâtiment fiduciaire de la Banque de France à La Courneuve – Vendredi 10 juin 2016 

Monsieur le Gouverneur,
Monsieur le Préfet,
Monsieur le Président de Plaine Commune,
Monsieur le Maire,

Bienvenue ! Bienvenue à vous Monsieur le Gouverneur de la Banque de France dans le beau département de la Seine-Saint-Denis.

Bienvenue ici, à La Courneuve, dans cette ville chère à mon cœur et qui sera demain le berceau du plus grand centre fiduciaire d’Europe. J’ai cru lire ici et là les doutes et les interrogations quand au choix qui a été fait d’implanter ce centre ici, si loin de Paris et du Palais Royal, du jardin des Tuileries et de la Comédie Française. Permettez-moi de vous rassurer Monsieur le Gouverneur, ainsi que l’ensemble de vos futurs salariés :

Nous avons le parc départemental Georges Valbon qu’il vous reste à explorer, mais aussi les rosaces de la Basilique Saint-Denis qui valent aux yeux de certains les charmes de Notre-Dame, et si l’Académie de cirque Fratellini ne vaut peut-être pas la comédie française, vous aurez – j’en suis certain- l’occasion de vous y émerveiller.

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Comptez sur le Conseil départemental, comme sur chaque Séquano-dionysien pour vous accueillir avec la chaleur et la sympathie qui vous ferons oublier l’image déformée que certains magazines de presse s’acharnent à donner de notre département.

Moi qui demande souvent de l’argent pour ce département, avec tous ces milliards qui vont arriver demain avec ce centre fiduciaire, je ne peux être qu’un Président heureux ! Même si je sais qu’ils n’iront pas tous dans les caisses du département.

Commence aujourd’hui un grand chantier, et je tiens à remercier l’ensemble des entreprises, artisans, ouvriers du bâtiment, mais aussi les apprentis qui se formeront sur ce projet dans ce lieu si particulier.

Monsieur le Gouverneur nous vous confions une partie de notre patrimoine. Une partie de notre histoire industrielle, mais je sais que vous portez un magnifique projet, une réussite architecturale avec les esquisses de Jean-Paul Viguier que je salue.

Une fois achevé, ce projet renverra une image plus positive, donc plus juste, de cette ville et de ce département.

Vous ne le savez pas encore mais très vite vous serez un ambassadeur de la Seine-Saint-Denis. Comme tous ceux qui ont fait ce choix, vous direz demain, partout et à tout le monde : que j’ai bien fait ! que j’ai eu raison ! Que ce département est plein de richesses, de dynamisme et de talents.

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Chers amis de la Banque de France, c’est ici que vous allez construire votre avenir.
C’est ici que vous allez voir pousser plus d’un tiers des gares du futur métro du Grand Paris Express.
C’est ici que vous verrez émerger les projets de renouvellement urbain et de transformation écologique du territoire.
C’est ici que vous verrez en première loge les Jeux Olympiques et Paralympiques de 2024.
C’est ici que vous verrez la création culturelle et artistique s’épanouir de façon exigeante mais aussi populaire et accessible.
C’est ici que vous verrez se développer un territoire numérique avec ses talents comme ses entrepreneurs qui vont créer de la richesse.

Vous l’aurez compris, c’est ici que demain s’écrit. Vous avez décidez d’’être acteur de cette transformation et cette première pierre posée aujourd’hui va bâtir bien plus qu’un simple coffre-fort, mais une véritable histoire entre votre vénérable institution et ce jeune territoire en devenir.

Encore une fois bienvenue et merci.

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