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Soutenons les victimes d’inceste, donnons-nous les moyens d’agir pour que cela cesse

Publié le mardi 26 janvier 2021

6, 7 millions de victimes en France. 7 à 10 % de personnes victimes d’inceste, en moyenne à l’âge de dix ans.

Les chiffres relatifs aux victimes de l’inceste donnent le tournis et surtout la nausée. Ces crimes sont tellement répandus que chacun.e est forcé.e de se dire qu’il ou elle connaît dans son entourage, peut-être même dans sa propre famille, quelqu’un qui en a été victime.

La courageuse démarche de l’écrivaine Camille Kouchner, relayée et amplifiée par le réseau féministe Nous Toutes, aident à ouvrir les yeux devant l’ampleur de la situation.

Il y a eu une première prise de parole, attendue et nécessaire, du président de la République. Mais on ne pourra pas faire l’impasse sur l’indispensable question des moyens, pour mieux prévenir les violences et aider les victimes ainsi que les associations qui les accompagnent.

Je pense notamment à la question de la formation des professionnel.le.s qui sont au contact des victimes.

Que l’on appartienne au monde de l’éducation nationale, de la police ou de la justice, il faut que l’on soit en mesure d’identifier les signaux, de recueillir la parole de la victime, d’orienter vers les structures et services qui permettront de la soigner, de l’aider, de l’accompagner.

Aujourd’hui, il y a très peu de condamnations en justice des crimes d’inceste. Si on regarde le cas des plaintes pour violences sexuelles en général, seules 14% des victimes portent plainte. Parmi ces plaintes, 74% sont classées sans suite. Parmi les condamnations, seules 6% concernent des victimes mineur.e.s, alors même qu’elles constituent la majorité des victimes.

Par ailleurs, dans les rares cas où les victimes portent plainte, c’est le droit qui pose problème. D’une part, une victime d’inceste doit prouver qu’elle n’était pas « consentante ». C’est une aberration : aucun enfant n’est consentant à l’inceste. C’est pour cela que je soutiens la démarche qui vise à prohiber les relations sexuelles entre une personne majeure et un.e mineur.e de moins de 15 ans, objet de la proposition de loi portée par la députée socialiste Isabelle Santiago, en débat le 18 février à l’Assemblée nationale.

Mais la question ne se règlera pas seulement sur le plan législatif pour lutter contre l’inceste. Comme le disent Caroline de Haas et Madeline Da Silva dans une tribune, les sanctions existent, l’inceste est déjà un crime sévèrement puni, les auteurs savent très bien ce qu’ils encourent.

Ce dont nous avons surtout besoin, c’est d’un véritable plan de prévention et de moyens financiers et humains à la hauteur de l’enjeu. Je partage le combat pour en finir avec l’inceste et les violences sexuelles. Ce doit être aussi le cas des nos décideurs, à l’Elysée, à Matignon, au Parlement, partout. Passons de la parole aux actes !