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En Seine-Saint-Denis, préparer le déconfinement

Publié le vendredi 8 mai 2020

La période que nous vivons est sans précédent. Pour beaucoup, ces huit semaines ont été synonymes de confinement dans des espaces souvent étroits, et de multiples restrictions qu’il convient à présent de lever progressivement, dans le respect des gestes et pratiques qui permettront de continuer à lutter contre le virus.

Mais la crise que nous traversons n’est pas derrière nous. Le déconfinement sera progressif, en particulier dans notre département. La Seine-Saint-Denis a en effet été classée département « rouge » par le ministère de la Santé.

Pendant toute la période qui s’est écoulée, les actrices et acteurs locaux, associatifs, publics et privés ont été sur le pont en agissant avec toujours plus d’ingéniosité pour faire vivre la solidarité et prendre soin les un.e.s des autres.

Le Département de Seine-Saint-Denis a été particulièrement mobilisé pour continuer à garantir ses missions essentielles et protéger les habitant.e.s. Il l’a été au-delà de ses compétences en permettant la distribution de 6000 repas par jour grâce à la mobilisation des agent.e.s de l’une de ses cuisines centrales, en œuvrant à la continuité pédagogique pour les collégien.n.s par la mise à disposition de tablettes numériques, ou en lançant une vaste opération d’appels solidaires de 50 000 personnes âgées et handicapées par les agent.e.s volontaires du Département.

L’heure est aujourd’hui à la reprise progressive. Celle-ci doit se faire prudemment pour les habitant.e.s de Seine-Saint-Denis, qui doivent pouvoir être rassuré.e.s sur les conditions de sécurité sanitaires dans les commerces, les écoles, les transports, au travail… Je pense aussi à tou.te.s celles et ceux qui ont continué à travailler au quotidien pour assurer l’ouverture des commerces alimentaires, permettre au système de soins ou aux services publics de fonctionner. Demain, elles et ils seront encore sur le terrain. Elles et ils méritent une reconnaissance durable, au-delà des applaudissements de ces dernières semaines.

Au Département, un plan de reprise de l’activité précise les modalités pour les 8 000 agent.e.s qui exercent leurs missions de service public. Nous privilégions encore le télétravail lorsque cela est possible. Des centaines d’ordinateurs portables ont été commandés. Chaque agent.e recevra un kit de protection à son retour avec des masques et du gel hydro-alcoolique.

Nous avons souhaité aller plus loin en équipant aussi les professionnel.le.s, qui ne sont pas des agent.e.s du Département, et les usager.e.s des établissements relevant des compétences départementales, tel.le.s que celles et ceux de la protection de l’enfance, des résidences autonomie, des foyers pour adultes handicapé.e.s. Les jeunes placé.e.s sous la protection de l’Aide Sociale à l’Enfance recevront aussi des masques ainsi que les bénéficiaires des services d’aide à domicile ou les assistant.e.s maternel.le.s.

Nous avons aussi choisi de donner une première dotation de masques aux collégiennes et aux collégiens lorsque les collèges rouvriront.

Concernant la reprise des établissements scolaires, je regrette profondément les tergiversations du gouvernement qui ont conduit à la situation d’aujourd’hui. Ce que j’ai appelé le « double volontariat » conduit à créer de la confusion et de la défiance pour les familles. Faire porter la responsabilité de la reprise sur les parents directement, ou sur les maires, ne me semble pas à la hauteur de la situation.

Évidemment, il fallait adapter aux situations de chaque établissement scolaire les conditions d’un retour à l’école. Mais avec davantage d’anticipation sur les règles sanitaires et plus de volontarisme, les cafouillages auraient été bien moindres.

Je plaide pour ma part pour que les écoles et les collèges puissent rouvrir progressivement, notamment pour des publics prioritaires : les enfants qui sont particulièrement en difficulté pour suivre l’école à la maison, les enfants des parents qui ne peuvent télétravailler…

Aujourd’hui si certaines écoles rouvrent progressivement leurs portes, les collèges ne sont pas autorisés à le faire par l’État. Nous travaillons avec l’Éducation Nationale pour préparer leur réouverture dès que cela sera possible.

Dès le 12 mai, un peu moins de la moitié de nos crèches départementales accueillera les enfants des familles qui en ont exprimé le besoin. Progressivement, en fonction de la disponibilité de nos propres agent.e.s et des besoins des familles inscrites, nous rouvrirons nos 55 crèches départementales.

Par ailleurs, après ces semaines d’isolement, le besoin de s’oxygéner sera majeur, en particulier pour les familles avec enfants. C’est pourquoi je souhaite que les habitantes et les habitants de la Seine-Saint-Denis puissent profiter des parcs départementaux dès le 11 mai. Il est primordial qu’elles et ils puissent avoir accès à ces 850 hectares d’espaces verts, plutôt que d’être entassées dans les rues ou en bas des immeubles. C’est en ce sens que j’ai demandé à l’État l’autorisation de rouvrir à cette date les parcs départementaux.

Au-delà des mesures immédiates qui entrent en vigueur le 11 mai, il est indispensable de préparer la Seine-Saint-Denis à une vie plus apaisée. Nous créons ainsi des pistes cyclables temporaires, avec 90 kilomètres supplémentaires. Tout ceci s’inscrit dans une stratégie globale anticipant nos aménagements pérennes en faveur du vélo : nous visons en effet les 100 % de voirie départementale d’ici à 2024. Sur un objectif de 340, 150 kilomètres ont déjà été réalisés.

Nous faisons aussi le choix de poursuivre, jusqu’à l’été, notre opération d’aide alimentaire pour faire face aux besoins des associations caritatives.

Néanmoins, ce que nous pouvons faire au niveau local ne suffira pas à assurer une sortie de crise durable, ni à relancer le développement de notre territoire. Les premières mesures prises par le gouvernement sont un premier pas, mais comme bien souvent, elles demeurent insuffisantes. La réponse est encore bien trop faible et l’État doit poursuivre et renforcer ses aides, afin de soutenir l’ensemble de la population et notamment les publics les plus fragiles durement touchés par la crise.

En Seine-Saint-Denis, cette crise a agi comme un révélateur des inégalités sanitaires et sociales à l’œuvre depuis des décennies. Il nous faudra plus que des mesurettes pour cela, car la soupe populaire ne peut être l’horizon indépassable de notre territoire. Les grands plans d’investissement, le développement des transports doivent être accélérés.

Je plaide aussi pour faire de la culture et du sport des leviers dès cet été, pour permettre à chacune et chacun de se ressourcer et de s’épanouir. Les Jeux olympiques et paralympiques de 2021 devront être un accélérateur pour le développement de la Seine-Saint-Denis, et pour améliorer durablement la vie de ses habitantes et habitants.

Notre territoire a payé un lourd tribut au Covid-19, victime d’une importante surmortalité. Mais nous refusons d’être pointé.e.s du doigt, alors qu’une bonne partie des victimes le sont justement parce qu’elles sont en première ligne et plus vulnérables face au virus.

Préparer le déconfinement en Seine-Saint-Denis, c’est préparer un grand programme de relance écologique et solidaire ou chaque actrice et chaque acteur joue son rôle. C’est aussi rétablir une confiance affaiblie du fait d’un gouvernement aux abois. L’ensemble des élues et des élus du Département se trouveront aux côtés des habitant.e.s de la Seine-Saint-Denis, pour leur ouvrir des perspectives heureuses. Nous pourrons compter sur les actrices et les acteurs associatifs, économiques, culturels, sportifs, citoyennes et citoyens particulièrement engagé.e.s pour faire réussir notre territoire.