Ligue du LOL

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« Ligue du LOL », affaire Bigard : le sexisme en 2019 commence fort !

Publié le vendredi 15 février 2019

Le week-end dernier, plusieurs articles mettent au jour l’existence d’une « Ligue du LOL », groupe de journalistes et pigistes ayant sévi il y a quelques années, stigmatisant voire harcelant des cibles identifiées parce que femmes ou homosexuel.le.s.

La découverte est fracassante, notamment parce que les harceleur.se.s écrivaient plutôt dans des journaux de gauche, censément conscientisé.e.s, censément pro-droits des femmes. A noter que le mouvement #MeToo a eu un certain effet bénéfique puisque certaines personnes impliqué.e.s ont été depuis suspendu.e.s, ce qui n’auraient certainement pas été le cas il y a dix ans.

Lundi soir, sur C8, l’émission « Touche pas à mon poste » réunit une nouvelle fois plusieurs centaines de milliers de téléspectateur.rice.s qui assistent en fin d’émission à une ultime « blague » de l’humoriste Jean-Marie Bigard ; les guillemets sont de rigueur pour ce qui ressemblait en réalité à un appel au viol. Résultat des courses : 1500 plaintes envoyées au CSA dans les jours qui ont suivi, suite à la mobilisation d’associations féministes pointant un paradoxe savoureux ou désespérant (au choix) : le lendemain de l’épisode Bigard, où lui-même s’était bien gaussé, le présentateur de l’émission Cyril Hanouna était à l’Assemblée nationale avec Marlène Schiappa pour parler des mères isolées.

Ah ça oui, les partisan.e.s des droits des femmes ont été mis.es à rude épreuve cette semaine. Un peu plus d’un an après #MeToo, moins de trois mois après la vague #NousToutes qui avait réuni 60 000 personnes dans les rues françaises, alors que 22 femmes sont déjà mortes sous les coups de leur mari (pour rappel, les médias, on dit « féminicide », pas « drame conjugal »), la persistance de canulars et autres blagues à caractère sexuel et sexiste fait toujours aussi mal.Une étude démontre ainsi que les hommes sexistes exposés à l’humour sexiste acquièrent une plus grande tolérance à des discriminations sexistes ET à commettre des actes de violence sexuelle envers les femmes.

Le refus des violences sexuelles et sexistes, cela doit être partout, tout le temps, avec tout le monde. Cela va de la table à manger des grands-parents à l’université, de la machine à café au travail au métro bondé du petit matin. Le refus des violences sexuelles et sexistes, cela doit être aussi dès le plus jeune âge, et en Seine-Saint-Denis nous menons des politiques fortes en la matière. En lien avec notre Observatoire de lutte contre les violences faites aux femmes, notre dispositif « Jeunes contre le sexisme » cartonne depuis près de 15 ans dans désormais 25 collèges, pour le plus grand bonheur des élèves comme des adultes qui travaillent de manière ludique et intelligente sur les sujets parfois compliqués, mais dont l’égalité filles-garçons ressort toujours gagnante.

Le refus des violences sexuelles et sexistes, cela doit être dès le plus jeune âge, et nous avons réagi au quart de tour suite à la pétition fin 2017 proposant de mettre en place un brevet de non-violence dans les collèges de Seine-Saint-Denis. Ni Marlène Schiappa ni Jean-Michel Blanquer n’ayant jugé opportun de donner suite, nous renouvelons notre appel pour l’expérimentation d’un brevet contre le sexisme dans notre département, car nous le savons : la lutte contre les violences faites aux femmes, l’égalité femmes-hommes, c’est dès le plus jeune âge que cela s’apprend.