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Les deux grands oubliés de la stratégie de protection de l’enfance du gouvernement : les moyens et les MNA

Publié le lundi 28 janvier 2019

Ce lundi, le gouvernement a annoncé par la voix du secrétaire d’État fraîchement nommé sa stratégie pour la protection de l’enfance, promise de longue date et repoussée régulièrement. Les axes évoqués dans cette stratégie sont certes louables, pleins de bonnes intentions, mais ils occultent largement la question des moyens et oublient les mineur.e.s non-accompagné.e.s.

L’État « oublie » ainsi de mentionner les Départements, dont relève pourtant la compétence de la protection de l’enfance. Il distribue des bons points en mentionnant ce qui se fait déjà, mais ne propose jamais de nouvelles actions. Pire, les moyens alloués ne sont pas évoqués.

En Seine-Saint-Denis, le Département consacre chaque année plus de 270 millions d’euros à la protection de l’enfance et innove pour multiplier et renforcer les solutions de prévention et d’alternative au placement, avec un effort sans précédent qui nous place en tête des dépenses par habitant.e. Notre ASE mène un travail qu’il faut saluer, loin de certaines caricatures sensationnalistes.

Nous accompagnons plus de 8 500 enfants, et nous en accueillons plus de 5 400 en famille d’accueil et en établissements.

Nos services départementaux de protection maternelle et infantile font déjà de la prévention, avec 114 centres de PMI répartis sur l’ensemble de la Seine-Saint-Denis et de bons résultats.

Il ne suffit pas de se payer de mots, il faut que la prise en charge de l’État soit aussi au rendez-vous. Il est donc particulièrement inquiétant de constater l’absence de moyens en miroir des annonces faites sur des responsabilités qui pèseront ensuite sur les finances départementales, et pire, de constater que la pédopsychiatrie, sinistrée en Seine-Saint-Denis, ne fait toujours pas l’objet d’une action de la part de l’État pour créer de nouvelles places d’accueil.

Autres grand.e.s oublié.e.s de cette stratégie, les mineur.e.s non-accompagné.e.s (MNA) dont les Départements assurent aussi l’accueil, sans réel soutien de l’État.

En Seine-Saint-Denis, la prise en charge des MNA dont le nombre a triplé depuis 2015 (1200 jeunes accueilli.e.s, plus de 20% du public ASE), c’est 40 millions d’euros en 2018, et seules 10% de nos dépenses pour les accueillir sont compensées par l’État !

Les Départements sont chefs de file de la protection de l’enfance. C’est un enjeu majeur pour toute la société de leur permettre de mettre à l’abri, d’accompagner vers l’autonomie les jeunes mineur.e.s isolé.e.s.

Nous ne pouvons plus nous contenter de bonnes intentions et de belles paroles, pour protéger les enfants, tous les enfants, il faut aussi des moyens.