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La mobilité des quartiers populaires : une triple exigence sociale, environnementale et économique

Publié le lundi 18 septembre 2017

Alors que s’ouvrent les Assises de la mobilité, prémices d’une loi d’orientation prévue au premier semestre 2018, la question de la mobilité des et dans les quartiers ne doit pas être, une fois de plus, une fois de trop, oubliée.

Elle se pose même encore plus nettement alors qu’il est désormais acquis que Paris et la Seine-Saint-Denis accueilleront les Jeux olympiques et paralympiques 2024. Territoire populaire, la Seine-Saint-Denis n’en est pas moins riche de sa diversité, son dynamisme et sa jeunesse. C’est ce qui fait sa force : le mouvement. Elle évolue et se réinvente au gré des nombreux projets qui ne cessent de sortir de terre.

Si cette transformation est possible, c’est en grande partie grâce au développement du réseau de transports engagé ces dernières années. Notre Département a longtemps été le parent pauvre des transports en mode lourd. Des quartiers et des villes entières étaient enclavés, vécus comme des culs-de-sac, nécessitant parfois deux heures pour rejoindre Paris en transports quand il ne faut que 30 minutes en voiture.

Rien ne pouvait justifier l’absence d’infrastructures solides et fiables de transport sur un territoire d’1,6 millions d’habitants, d’une densité comparable à celle de grandes capitales européennes.

Avec l’accueil d’une trentaine de nouvelles gares dont un tiers de celles du Grand Paris Express, ce nouveau réseau tant attendu contribue tout autant qu’il accompagne la mutation de notre territoire. Nous avons besoin de ces nouvelles lignes et prolongements qui sont plus que des moyens de déplacement. Y renoncer ou en remettre en cause l’ampleur ou le calendrier serait une erreur et une faute.

Un accès facilité aux transports en commun c’est un accès facilité à l’emploi, aux loisirs, à la culture, à l’ensemble des équipements que l’on est en droit d’attendre lorsque l’on vit au cœur d’une métropole européenne. Cela contribue ainsi à réduire les inégalités territoriales encore criantes au sein de la région la plus riche de France.

Plus important encore, on libère du temps socialement utile. Quand une mère ou un père de famille passe 1h, 1h30 ou 2h en moins dans les transports par semaine, c’est autant de temps qu’elle ou il peuvent consacrer à leurs enfants, leurs proches, ou encore à eux-mêmes. Pour les étudiants, nombreux dans les quartiers populaires, c’est du temps précieux libéré pour la révision des examens ou pour le reposde ceux qui cumulent emploi et études.

C’est aussi l’expression d’une ambition économique. En reliant de façon plus efficace les pôles d’activités, les centres universitaires, les lieux de loisirs, nos aéroports, nos gares et les équipements culturels, nous créons un écosystème favorable à l’implantation et à la réussite des entreprises.

C’est enfin un projet de développement durable et un enjeu de santé publique. En œuvrant à l’apaisement de la circulation, à la réduction du trafic par la décongestion des axes les plus empruntés, en donnant aux gens la possibilité d’utiliser des modes de déplacement diversifiés et propres, on engage la lutte contre les nuisances sonores et visuelles qui empoisonnent la vie de nombreux habitants et celle contre la pollution qui tue chaque année des dizaines de milliers de personnes.

C’est pourquoi, nous plaidons depuis des années pour une réorientation des investissements de l’État vers les mobilités du quotidien, celles qui comptent vraiment. Et s’il est vrai qu’il est urgent de réfléchir la mobilité comme un ensemble de modes comprenant la marche, le vélo, le covoiturage et d’autres, ce que nous faisons avec notre Plan Mobilités durables départemental ; s’il est vrai en ce sens que la mobilité ne doit pas être uniquement traitée du point de vue des infrastructures, dans un territoire comme la Seine-Saint-Denis, d’une densité comparable à celle d’une capitale européenne, elles sont essentielles pour répondre à cette triple exigence sociale, écologique et économique.

Les besoins sont grands, les attentes fortes. Ensemble, acteurs de la politique de transports francilienne, nous devrons veiller à ce que le débat qui s’engage tienne compte des réalités qui sont les nôtres et n’oublie pas que pour la Seine-Saint-Denis, un métro, un tram, un bus à haut niveau de service incarnent bien plus qu’un simple mode de transports mais un levier pour améliorer concrètement et pour le plus grand nombre la qualité de la vie que l’on mène dans les quartiers populaires.