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La gauche est bien vivante !

Publié le vendredi 5 mai 2017

« Si nous voulons être utiles, être fidèles à notre histoire, aux grandes avancées sociales et démocratiques que nous avons portées, si nous pensons qu’une Gauche nouvelle, moderne, sociale, démocratique, européenne, écologique a encore un avenir, il y a urgence ! » Voici la tribune que je publie sur le site de Mediapart :

Lundi 1er mai, j’ai défilé dans les rues de Paris, avec des jeunes, des syndicalistes, des militants politiques, des citoyens, des élu.e.s. Au-delà des bannières et des badges, j’ai aussi croisé de nombreux militants et citoyens comme orphelins, déboussolés par le contexte politique.

Certains ont voté avec conviction dimanche dernier, beaucoup ont voté par défaut, pour éviter le pire ou pour empêcher la gauche de disparaître. Une chose reste : la gauche était bien présente ce lundi 1er mai dans la rue mais, au-delà, aussi, je le crois, encore dans les têtes et les cœurs. Dimanche prochain, quels que soient nos votes de 1er tour, nos histoires, nos sensibilités, cette gauche doit faire la seule chose qui nous paraît possible, sans barguigner. L’urgence dimanche, c’est bien de protéger notre cadre démocratique et de pouvoir encore demain proposer une alternative crédible au libéralisme. L’équation dimanche est tristement simple, elle ne mérite ni qu’on s’y attarde tant, ni les culpabilisations, ni les noms d’oiseaux. Elle impose de mobiliser dans la clarté. Dimanche donc, nous voterons Emmanuel Macron, avec lucidité et sans illusion.

Mais après ?

Après, il faut reconstruire une grande force de gauche de transformation à vocation majoritaire pour gouverner et qui ne se résigne pas quand elle gouverne.

Pourquoi devrions-nous nous résigner à ne jouer que les supplétifs d’un Jean-Luc Mélenchon dont l’ambiguïté marque un tournant et dont la volonté boutiquière de torpiller les socialistes et les communistes masque mal une gauche qui se vit toujours dans le confort de la contestation permanente plutôt que dans l’exercice des responsabilités ? Qu’il est curieux ce parti de la France insoumise qui exige la soumission des autres forces de gauche ! Devrions-nous également jouer les forces d’appoint d’un futur Président en mal de majorité et lui apporter une caution de gauche pour appliquer des politiques que nous ne souhaitons pas ? Face à cet étau puissant d’un centrisme libéral qui se soucie peu du progrès social et d’une gauche radicale qui refuse de rassembler et donc de gouverner, il faudra la force des convictions et la volonté d’agir.

Comme beaucoup d’autres à gauche, je suis à la tête d’une collectivité qui innove et mène des politiques sociales, culturelles, éducatives, économiques ambitieuses avec la force d’une majorité plurielle ancrée à gauche. Nous gouvernons avec sérieux, considérant qu’un euro dépensé doit être utile aux habitants tout en développant des projets ambitieux de réduction des inégalités. Ce qui est possible dans les collectivités doit être possible au niveau national.

C’est le moment de refonder et de renouveler un héritage socialiste, social-démocrate dont nous sommes les porteurs et dont l’avenir ne dépend que de nous.

Du désarroi et des défaites que nous essuyons depuis 5 ans doit naître une gauche nouvelle, un socialisme d’aujourd’hui et qui anticipe les grands bouleversements à l’œuvre pour construire une société où chaque génération pourra vivre mieux que celle de ses parents. Dans le long fil de l’histoire de nos idées, depuis la Révolution française, les internationales socialistes de la IIIème République et de Jaurès , la SFIO et le Front populaire de Léon Blum, le Parti socialiste et l’union de la Gauche de François Mitterrand, nous avons une responsabilité.

La question n’est pas celle de l’avenir du Parti socialiste qui n’est qu’un outil au service d’un idéal. La question, c’est notre capacité à répondre au défi écologique, au renouvellement de l’Europe, à une nouvelle alliance des classes populaires et des classes moyennes sur une vision du travail et du pouvoir d’achat assumée, sur l’urgence du renouveau démocratique d’une Vème république à bout de souffle. Sur tous ces thèmes, que Benoit Hamon a portés avec intelligence et conviction, mais qui n’ont pu finalement être que peu abordés dans une campagne phagocytée par les affaires et par un vote utile qui n’est autre, en réalité, qu’un vote de peur, nous devons proposer une vision originale capable de répondre aux attentes des Français.

Nous devons dire à toute la gauche, celle des partis, des organisations et celle qui n’en a pas, que nous sommes volontaires pour sortir des positionnements de façade et des écuries, pour nous retrouver, pour porter un nouvel espoir et convaincre les Françaises et les Français.

Nous ne pouvons pas attendre, et les élections législatives doivent être le premier rendez-vous que nous donnons aux Françaises et aux Français. Si nous voulons être utiles, être fidèles à notre histoire, aux grandes avancées sociales et démocratiques que nous avons portées, si nous pensons qu’une Gauche nouvelle, moderne, sociale, démocratique, européenne, écologique a encore un avenir, il y a urgence !