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Appel pour une transition écologique des quartiers populaires : les élus de Seine-Saint-Denis s’engagent.

Publié le vendredi 12 février 2016

Quelques semaines après la COP21 qui s’est tenu sur notre territoire, dans la diversité de nos engagements, nous souhaitons porter un message commun : la transition écologique est une exigence pour notre planète, pour nous et pour ceux qui nous suivront. Et nous sommes prêts à nous y engager.

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Les risques de l’inaction sont plus forts en Seine-Saint-Denis mais les bénéfices des efforts plus élevés.

La Seine-Saint-Denis a été l’un des berceaux de l’essor industriel et a subi de plein fouet la désindustrialisation. S’y concentre aujourd’hui une partie des difficultés sociales : chômage, pauvreté, précarité. Nos populations sont trop souvent contraintes de vivre dans des logements mal isolés, contraintes également d’utiliser de vieux véhicules pour se rendre au travail ou accéder aux loisirs. Elles sont plus exposées à la pollution de l’air et plus vulnérables aux épisodes climatiques extrêmes : qui se rappelle que la Seine-Saint-Denis a été le second département le plus impacté, en vies humaines, lors de la canicule de 2003 ?
Mais la Seine-Saint-Denis est aussi un territoire abritant et développant de nombreuses ressources. C’est le département le plus jeune de France, où grandit la génération qui devra faire preuve de créativité et d’audace pour affronter les dérèglements déjà à l’œuvre. Jeunes et de toutes origines : les habitants de la Seine-Saint-Denis sont ouverts au monde, sensibles aux crises climatiques qui se jouent au-delà de nos frontières. Ils disposent de savoir-faire et de savoir-être emprunts de simplicité, de sobriété, d’économie méritant d’être développés. Les dispositions au changement y sont profondément enracinées.
C’est donc ici que tout se joue.

Logement, transport, emploi, alimentation : la transition écologique pour répondre aux problèmes du quotidien.

Aujourd’hui, les secteurs les plus émetteurs de gaz à effet de serre en Seine-Saint-Denis sont les transports et les bâtiments.
Développer un modèle énergétique plus sobre pour les transports et les bâtiments permet donc de réduire les émissions de gaz à effet de serre, mais aussi de protéger le pouvoir d’achat des familles les plus fragiles, d’améliorer la santé des populations, de favoriser la mobilité de tous et de créer des emplois locaux non délocalisables.
Les leviers de la transition écologique sont donc aussi les solutions aux problèmes quotidiens rencontrés dans les quartiers populaires.

Passer un nouveau cap.

Plans Climat-Energie, Agences Locales de l’Energie, Plateforme locale de rénovation énergétique, développement du réseau de transports en commun : de nombreuses politiques sont déjà à l’œuvre. Nos collectivités soutiennent aussi des initiatives citoyennes, des associations et certaines entreprises qui contribuent déjà au changement.
La COP21 est une opportunité pour amplifier nos actions, monter l’exigence d’un cran et passer un nouveau cap, sans attendre 2020, c’est-à-dire l’application des engagements qui pourraient être pris par les Etats en décembre prochain.
Aujourd’hui, nous prenons six engagements pour réussir cette transition.
Compte tenu de la singularité sociale et urbaine de la Seine-Saint-Denis, nous aurons besoin de l’accompagnement et des moyens de l’Etat et de l’Union Européenne.
Nous comptons surtout sur la population elle-même, sur les citoyens d’aujourd’hui et ceux de demain. C’est avec eux et pour eux que nous imaginons la Seine-Saint-Denis de la prochaine décennie : un territoire dynamique qui aura réussi sa transition énergétique, écologique et sociale.

Nos six engagements

Nous fixons aujourd’hui six engagements partagés par les collectivités de Seine-Saint-Denis.
Ce n’est pas une déclaration d’intention : la conférence climat départementale, organisée par le Département depuis 3 ans, permettra le suivi régulier de ces engagements et fera connaître tous les ans l’avancée des chantiers que nous entamons aujourd’hui.
C’est désormais le temps de « l’après-COP21 » nous invitons les territoires de périphérie des métropoles en transition écologique à diffuser leurs expériences et leurs bonnes pratiques. Un temps d’échanges sur ce sujet aura lieu dans la zone internationale de négociations, sur le Pavillon France.

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1/ Faire de la rénovation énergétique une priorité

Parce qu’agir pour la rénovation énergétique est source de progrès social, économique et environnemental, nous nous engageons à :

• Engager une rénovation thermique soutenue et planifiée des logements privés et publics, en priorisant celle du bâti ancien
• Accompagner les travaux d’efficacité énergétique par un développement de l’énergie de proximité, renouvelable ou de récupération, notamment en portant l’effort sur le développement des réseaux de chaleur
• Expérimenter de nouvelles formes de récupération de chaleur en favorisant les partenariats, dans une logique d’économie circulaire
• Adapter les travaux de rénovation thermique aux besoins de rénovation acoustique des logements, notamment près des axes routiers, ferroviaires et des aéroports
• Accompagner le rayonnement de Pass’habitat 93, la plateforme départementale de rénovation énergétique (rénovation de l’habitat individuel et micro-collectif en Seine-Saint-Denis)

2/ Rendre possibles des modes de déplacements plus économes et plus sains

Parce que le développement local nécessite une mobilité propre et accessible à tous, nous nous engageons à :

• Nous mobiliser pour que les lignes et les gares du Grand Paris soient réalisées dans les délais prévus afin d’améliorer les mobilités de banlieues à banlieues et limiter l’usage de la voiture individuelle
• Augmenter l’usage de la marche et du vélo dans les déplacements, en accélérant l’aménagement des voies de circulation appropriées sur l’ensemble du territoire ainsi qu’en facilitant l’accès aux gares et stations de transport en commun aux piétons et aux cyclistes.
• Nous mobiliser pour développer le fret fluvial et ferroviaire et les plateformes de logistique urbaine
• Porter le développement de l’usage des canaux Saint-Denis, de l’Ourcq et de la Seine pour le transport de matériaux et de déchets, notamment liés au Grand Paris

3/ Rendre le territoire et ses habitants plus robustes aux crises

Parce qu’assurer la prospérité et le bien-être des habitants nécessite de se préparer dès aujourd’hui aux conséquences des changements en cours, nous nous engageons à :

• Aménager nos territoires pour consommer moins de ressources, les rendre plus autonomes et s’adapter aux dérèglements climatiques
• Favoriser les circuits courts alimentaires et développer l’agriculture urbaine
• Travailler à la transformation de nos quartiers pour les adapter au climat futur, en luttant contre les îlots de chaleur urbains et en laissant toute la place à la nature et à l’eau en ville, supports de trames vertes et bleues et vecteurs de bien-être
• Préserver la diversité des espèces végétales et animales sur notre territoire, facteur de résilience
• Aménager, sur l’ensemble du territoire, des zones ombragées et végétalisées qui puissent servir de points de rafraîchissement de la population en période de canicule

4/ Mobiliser et soutenir les acteurs de la transition

Parce que la transition écologique passe d’abord par l’appropriation des enjeux par les citoyens et la participation de tous à la vie publique, nous nous engageons à :

• Continuer à mobiliser et à partager les enjeux de la transition écologique avec les habitants au-delà de la COP21
• Prendre en compte les aspirations des habitants dans la conception et la mise en œuvre des politiques publiques de transition
• Soutenir des initiatives locales et citoyennes concrètes dans les quartiers
• Soutenir la sensibilisation et la formation des jeunes citoyens
• Soutenir, développer et œuvrer pour une coopération coordonnée des Agences locales de l’énergie et du climat sur l’ensemble du département

5/ Faire de la Seine-Saint-Denis un territoire pionnier de l’économie verte et des filières responsables

Parce qu’une transition écologique de long-terme ne peut être réussie qu’en renforçant les filières économiques locales, innovantes et responsables, nous nous engageons à :

• Structurer une économie territoriale innovante, créatrice d’emplois, solidement appuyée sur l’économie sociale et solidaire, l’économie circulaire et les nouvelles filières de l’éco-industrie
• Accompagner les entreprises, et notamment les TPE/PME, dans la montée en qualification sur les marchés de la rénovation énergétique et des énergies renouvelables
• Favoriser l’économie circulaire, notamment dans le secteur du BTP, très actif sur le territoire, en faisant des chantiers sobres énergétiquement et économiquement
• Renforcer les filières de formation aux métiers et aux nouvelles pratiques professionnelles de la transition écologique pour fournir aux plus jeunes des emplois qualifiés et demandés

6/ Pour une administration actrice de la transition écologique : être exemplaire dans l’exercice de nos compétences et favoriser le partage des bonnes pratiques

Parce que l’administration et les services publics doivent s’appliquer à eux-mêmes ses principes, nous nous engageons à :

• Agir pour la rénovation énergétique de nos patrimoines, le développement des énergies renouvelables et privilégier les contrats de fourniture d’énergie « verts »
• Réaliser un Plan de déplacements d’administration, favoriser le développement d’une flotte de véhicules propres et l’accompagnement à l’utilisation des modes actifs de déplacement
• Mettre en place un tri sélectif sur l’ensemble de la chaîne des déchets en installant des poubelles appropriées et en formant les agents d’entretien
• Renforcer les mesures de lutte contre le gaspillage alimentaire et de valorisation des déchets dans la restauration collective
• Créer des postes d’économes de flux pour réaliser des économies financières et de ressources
• Favoriser les achats publics « verts »
• Faire des administrations des démonstrateurs de bonnes pratiques, par exemple en mettant en place une livraison hebdomadaire de produits biologiques et locaux par une AMAP, un jardin partagé en pied d’immeuble, une plateforme de covoiturage, etc.

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Signataires :

• M. BESSAC Patrice, Maire de Montreuil, Conseiller régional
• M. BOURGAIN Michel, Maire de l’Ile-Saint-Denis, Vice-président de Plaine Commune
• M. BRAOUEZEC Patrick, Président de Plaine Commune
• M. CAPILLON Claude, Maire de Rosny-sous-Bois, Vice-président de Paris Métropole
• M. COSME Gérard, Président d’Est Ensemble, Maire du Pré-Saint-Gervais
• M. DE PAOLI Stéphane, Maire de Bobigny
• Mme DERKAOUI Meriem, Maire d’Aubervilliers, Conseillère départementale
• M. DI MARTINO Tony, Maire de Bagnolet
• M. FOURCADE Michel, Maire de Pierrefitte-sur-Seine, Vice-président de Plaine Commune, Conseiller départemental
• M. GATIGNON Stéphane, Maire de Sevran, Conseiller régional
• Mme JUSTE Carinne, Maire de Villetaneuse, Vice-présidente de Plaine Commune
• M. KERN Bertrand, Maire de Pantin, Conseiller départemental
• M. KLEIN Olivier, Maire de Clichy-sous-Bois, Président de Clichy-sous-Bois Monfermeil
• M. LEMOINE Xavier, Maire de Montfermeil, Vice-président de Clichy-sous-Bois Montfermeil
• M. PAILLARD Didier, Maire de Saint-Denis, Vice-président de Plaine Commune
• M. POUX Gilles, Maire de La Courneuve, Vice-président
• M. RIVOIRE Laurent, Maire de Noisy-le-Sec
• M. TAÏBI Azzedine, Maire de Stains, Vice-président de Plaine Commune, Conseiller départemental délégué
• Mme. THOMASSIN Sylvine, Maire de Bondy
• M. TROUSSEL Stéphane, Président du Conseil départemental
• Mme VALLS Corinne, Maire de Romainville, Vice-présidente du Conseil départemental