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Education en Seine-Saint-Denis : un travail au quotidien pour l’égalité

Publié le lundi 7 septembre 2015

Tribune parue dans Libération le 3 septembre 2015

Comment la rentrée se prépare-t-elle dans un département, le plus jeune de France, et souffrant d’une mauvaise image ?

L’an dernier, notre territoire a déjà connu une rentrée difficile. Le remplacement des enseignants absents, l’affectation d’enseignants formés et le respect des seuils dans les classes demeurent les sujets de préoccupations majeures pour les acteurs éducatifs et les parents d’élèves de Seine-Saint-Denis.

Certes nous faisons les frais d’une politique de démantèlement de l’éducation par la droite lors du précédent mandat : suppression de postes, dévalorisation des métiers de l’enseignement par la suppression des IUFM, stigmatisation de la population séquano-dionysienne.

Mais dans notre département, le plus jeune de France, où la démographie scolaire est très dynamique et où les difficultés sociales et scolaires sont fortes, nous ressentons ici plus qu’ailleurs les faiblesses de l’égalité républicaine.

En novembre, nous avons travaillé avec le ministère de l’Education nationale à des « mesures spécifiques » pour l’éducation en Seine-Saint-Denis afin de remplir nos obligations de service public et d’égalité.
Il faut aller plus loin. Comment expliquer que des enseignants ne veulent pas venir enseigner dans notre département ou que des parents préfèrent envoyer leurs enfants loin de leur domicile afin d’éviter certains collèges ?
C’est à ces questions que nous devons apporter des réponses.
Pour cela en finir d’abord avec le « mythe » autour de notre territoire, qui serait une jungle urbaine. Il faut réhabiliter l’image de notre département en cessant de montrer uniquement les faits divers, mais en vantant aussi son dynamisme, ses projets ambitieux. L’espoir en somme. Car la Seine-Saint-Denis est aussi celui de l’investissement et de l’innovation dans tous les domaines, prioritairement l’éducation.

La nouvelle Seine-Saint-Denis est en marche.

Lors de la dernière rentrée, nous avons ouvert douze nouveaux établissements. En moins de cinq ans, nous avons rattrapé un retard exceptionnel en termes d’équipements publics et de modernisation de nos établissements scolaires. Notre collectivité a désormais une solide expérience en matière d’architecture éducative qui nous permet de concevoir des collèges qui répondent aux nouveaux enjeux éducatifs : nouveaux espaces de travail, développement du numérique, ouverture d’espaces partagés avec les villes et les parents.

Avec le plan Ambition collèges 2015–2020, nous avons souhaité poursuivre cet effort : onze établissements seront construits ou reconstruits entièrement et plus de quatre-vingts collèges seront rénovés ou modernisés, d’ici cinq ans.

Cette année encore, nous allons inaugurer le collège Didier Daurat au Bourget reconstruit entièrement, nous lancerons également la deuxième phase de travaux du collège Jean Jaurès à Saint-Ouen tout en préservant son architecture et son histoire, et enfin nous ouvrirons aux scolaires et au public la piscine tant attendue de Clichy-sous-Bois, symbole de l’accès au sport et aux loisirs pour tous.

Mais surtout, nous avons souhaité aller bien au-delà de nos compétences obligatoires, alors que rien ne nous y oblige et que nos finances sont plus qu’ailleurs très contraintes.

Pourtant, notre département consacre plus de 8 millions d’euros aux projets des collèges: projets pédagogiques, voyages scolaires, parcours artistiques et culturels, artistes en résidence. Pour chaque construction de collège, nous veillons à intégrer le 1% culturel afin que l’art entre dans les collèges et que les élèves puissent se l’approprier.

Que de projets et de grandes ambitions pour les élèves de notre département. C’est ce message-là que nous devons porter collectivement pour aller au-delà du fantasme et du mythe de la Seine-Saint-Denis.