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Pour une Europe solidaire, soyons sans concessions

Publié le lundi 29 avril 2013

europeOn peut vouloir l’Europe, et la vouloir autre qu’elle n’est aujourd’hui. Les socialistes débattent de l’orientation de l’Europe et des limites politiques à opposer à une ligne austéritaire, et c’est pour moi une bonne nouvelle. Alors que cette ligne est critiquée jusque chez les économistes qui l’ont inspirée, on ne saurait faire l’économie d’un dialogue politique ferme avec ceux qui l’estiment nécessaire au redressement du continent. Pour moi comme pour d’autres, l’exigence d’assainissement est une chose, la déstabilisation de grandes nations comme l’Espagne et l’Italie par la précarisation et l’appauvrissement massive des travailleurs, une autre. La vocation de l’Europe n’a jamais été de préparer les peuples à la précarité, mais de les élever à un plus haut niveau de cette solidarité.

A l’heure du décrochage de millions de familles, de millions de jeunes et de tant de territoires, je veux rappeler combien pour un territoire comme la Seine-Saint-Denis, la solidarité européenne est déterminante. Les fonds européens de cohésion, de développement régional ou d’ajustement à la mondialisation sont autant d’outils que les conservateurs en Europe voudraient aujourd’hui réduire à peau de chagrin, alors que grâce à eux le tissu associatif malmené par la crise respire, alors qu’ils favorisent la reconversion des sites industriels en difficulté. C’était déjà le message que j’avais souhaité porter le 18 février dernier, entre les deux phases d’un budget européen très en deçà des attentes des citoyens et des besoins des territoires en difficulté, avec la députée européenne Pervenche Bérès et le Commissaire européen Lazlo Andor.

Miser sur la bienveillance de la Commission et des Etats les plus influents de l’Union relève de la chimère. A Bruxelles comme ailleurs, l’on ne peut espérer obtenir que ce que l’on a pris la peine de formuler et de demander. La Seine-Saint-Denis le sait bien : s’il y a une marque commune aux élus de ce territoire, une conscience que partagent les représentants du département le plus jeune et le plus pauvre de France, c’est de savoir que malheureusement la solidarité s’obtient le plus souvent au forceps. En matière de réorientation de l’Europe, nous n’en sommes ainsi qu’au début.